Et si je vous disais que CISCO était éditeur de logiciels? Pour vous en convaincre, je vous invite à jeter un coup d'oeil à leurs offres d'emploi: looking for software engineers & account managers - comme tout éditeur de logiciels qui se respecte (surtout en ce moment).


Commençons par le commencement: cela devait arriver, j'ai eu droit aujourd'hui à un texto ("c'est quoi un routeur?") de ma chère amie comédienne, suite à mon post précédent. Je lui ai dit que je lui répondrai sur ce blog.

Un routeur, c'est un logiciel caché dans un petit boitier moche raccordé à 2 réseaux: d'un côté l'Internet, et de l'autre celui de la maison ou l'entreprise (pour faire simple). Sur ces réseaux transitent des données, encapsulées sous forme de paquets et dont l'assemblage de plusieurs paquets constitue par exemple une vidéo (en supposant que l'utilisateur regarde une vidéo sur Dailymotion). Ce logiciel appelé routeur est diablement intelligent: il va, rien qu'en lisant l'en-tête des paquets, instantanément comprendre à qui le message est adressé, pour le router en direction de son destinataire (client ou autre routeur) - jusqu'à bonne réception.

Prenons un exemple: un ami habitant de San José vient de m'envoyer un mail débile contenant un image où un retraité brosse les dents de son dentier qu'il tient à pleines mains. J'habite pour ma part à Paris. Pour que cet email constitué de données texte et d'une image, et divisé en plusieurs paquets, me parvienne, il devra être redirigé par un certain nombre de routeurs vers ma boite mail. Chaque routeur intermédiaire lira l'en-tête du paquet et en déduira un chemin a priori optimal jusqu'au routeur suivant, et ainsi de suite jusqu'au routeur de mon domicile, qui lui transmettra les paquets (reçus successivement et à intervalles généralement non constantes - à cause des parasites, des débits, et de l'encombrement des réseaux) jusqu'à mon client mail (type Outlook) qui lira le message débile. Sur l'Internet par exemple, le protocole d'échange (en gros, le langage dans lequel le routeur interprète l'en-tête) s'appelle l'IP (Internet Protocol) - et nous en sommes à la version 5. Mais il existe tout un tas de routeurs qui décodent tout un tas de protocoles - l'armée par exemple a ses réseaux propriétaires avec ses standards d'échanges protégés.

Je ne rentre pas dans les détails et encore moins dans la technique, mais en gros, c'est l'idée. Revenons maintenant à des choses sérieuses.

Donc CISCO fait du logiciel, pas des réseaux. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien s'ils rachètent des réseaux sociaux et des leaders mondiaux de la téléconférence. C'est une boite extraordinaire en beaucoup de points, et pour moi au moins autant concurrente de Microsoft que les Google, Sun, Oracle et autres IBM et Yahoo! Sauf que leur approche non frontale (de se camoufler en 'computer networking company') est vraiment pas con, qu'ils arrivent progressivement sur le business du consumer (la brand awareness a fait un bond incroyable dans les classements cette année), que leur patron John Chambers est ahurissant, et qu'ils sont un leader incontesté sur le marché (les Nortel & Co ne suivent pas du tout le rythme) des réseaux, qu'ils ont très faim, et enfin et surtout qu'ils ont adopté une véritable stratégie de plateforme et d'animation d'un écosystème de partenaires (comme MSoft, Google, Salesforce, eBay, Facebook, Mozilla et tous ceux qui réussissent dans la technologie de manière générale).

Une belle bagarre en perspective...

Disclaimer: à noter que comme pour tous les posts à venir, ce billet insignifiant est le fruit d'une réflexion originale et non pas un avatar d'une conversation de machine à café chez MS. Pour ainsi dire, je ne me souviens pas avoir entendu une fois le mot CISCO depuis mon arrivée chez MS (3 options: soit j'ai une mémoire de poisson rouge, soit je suis de mauvaise foi, soit ce post relève a une connotation préventive - je laisse la chose à votre libre arbitre).